Ce programme de recherche (en coopération) s’appuie sur une analyse originale des causes de la crise financière qui met en avant l’influence des normes de la Corporate Governance et de la shareholder value dans la déformation des principes de management. Cette thèse conduit à reconcevoir une gouvernance équilibrée de la firme : mais sur quels fondements institutionnels ? Une première série de travaux propose une nouvelle théorie de l’entreprise permettant de refonder simultanément la mission et la gouvernance de l’entreprise. S’éloignant autant d’une « shareholder theory » que d’une « stakeholder theory », on débouche sur la proposition d’un nouveau cadre légal instituant notamment de nouvelles formes de sociétés anonymes. Ces travaux ont reçu un écho considérable et connaissent un important développement dans des recherches conjointes notamment entre Gestion et Droit (voir encadré 2).

 

Encadré 2 : Théorie de l’entreprise, nouveaux droits et nouvelles gouvernances Ces travaux se sont déroulés au sein d’un consortium de recherche pluridisciplinaire (Economie, Droit, Histoire, Gestion, Sociologie, Anthropologie) créé en 2009 par le Collège des Bernardins, l’Université Paris Ouest Nanterre et MINES ParisTech. Constatant que les théories contractualistes et actionnariales sont à l’origine d’une crise de l’entreprise, de sa représentation et du management, les chercheurs ont proposé une nouvelle approche théorique de l’entreprise. Celle-ci s’appuie sur des travaux d’histoire et sur les théories de l’action collective créatrice développées au CGS (cf. axe 1). Il s’agit de dépasser l’ambigüité et les lacunes du droit (droit des sociétés, droit du travail) vis-à-vis de l’entreprise. Ces travaux introduisent les notions de « création collective », « d’engagement » et « d’avaries communes ». La « règle des avaries communes » provient du droit maritime ancien, elle a été modélisée pour concevoir de nouveaux principes de solidarité appropriés à l’entreprise. Ces travaux proposent un nouveau statut des sociétés anonymes, une gouvernance par les « parties engagées » et un nouveau statut du dirigeant. Outre une large couverture dans les médias, ces propositions ont fait l’objet de nombreux débats avec les syndicats de salariés et patronaux, ainsi qu’avec les pouvoirs publics.

  • L’ouvrage « Refonder l’entreprise » (B. Segrestin, A. Hatchuel) a reçu un accueil très favorable. Outre de nombreuses nominations, il s’est vu décerner trois prix, dont le prix 2013 du meilleur ouvrage de recherche en management (prix Syntec-SFM).